8 alternatives aux punitions

Punitions: comment faire sans? – 8 alternatives

A l’heure où les neurosciences et autres études prouvent de plus en plus l’inefficacité des punitions, il est nécessaire de trouver des alternatives.

On sait aujourd’hui que les punitions n’apportent pas vraiment l’effet souhaité et parfois même ont « un deuxième effet kiss cool » (vous vous rappelez la pub… si vous n’êtes pas trop jeune…).
Et oui, quand on puni, il peut se passer trois choses:
   -l’enfant à peur et il ne recommence plus (moi je préfèrerait qu’il comprenne, pas qu’il ai peur)
   -il ment, trouve des excuses ou je sais pas quoi pour ne pas être puni (mouai, c’est pas ce que je préfère non plus)
   -l’enfant s’en moque totalement et il faut trouver une punition plus efficace (franchement, enchérir sur les trucs qui marchent pas, j’ai autre chose à faire).

Je me dois de citer Isabelle Filliozat qui à dit:

« Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’humanité ne commettrait plus de crimes ».

Je crois que ça se passe de commentaires.

Bref, ok, on laisse tomber les punitions. Mais alors on fait quoi?
Ben on pense autrement!
« Mouai, facile à dire. Sinon, concrètement, quand mon enfant a fait un truc qu’il n’aurait pas dû, je fais comment pour qu’il comprenne et qu’il ne recommence pas?
Si je le puni pas, je le menace pas, je lui fais pas de chantage, etc., il reste quoi? » me demandez-vous.

Ce à quoi je réponds: allez, venez voir. J’ai détaillé 8 alternatives aux punitions et autres petites agressions (voir cet article sur les douces violences) qui n’aident pas le cerveau à se développer.

1) Réparer

Autrement dit: apprendre de ses erreurs.
Nous sommes dans une culture où le droit à l’erreur est inexistant. Il faut toujours faire mieux, c’est la course à la perfection.

Pourtant, ce sont les erreurs qui nous aident à avancer, à faire mieux la fois suivante.

Lorsque les enfants apprennent à marcher, ils tombent des centaines de fois avant d’y arriver. C’est à force de tester leur équilibre, de chuter et de recommencer, qu’ils finissent par comprendre tout ce qui ne fonctionnent pas pour marcher, enfin.

Imaginez: votre enfant casse un objet. Déjà, la situation en soi est stressante (voyez dans quel état ça vous met quand vous cassez quelque chose).
vous arrivez sur ce et commencez à le gronder, à crier et/ou à le punir. Son cerveau va se mettre en alerte (activation de la zone de la peur), et paf, vous ne pouvez plus rien tirer de lui.
Maintenant, imaginez que vous arrivez et que vous commenciez par le rassurer: « tu as casser ça, mince. Tu t’ai fait mal? Bon, on va commencer par ramasser/nettoyer/réparer. Tiens, viens avec moi, on va chercher ce qu’il faut. Prends ça et fais comme ça. Regarde comment je fais comme ça tu sauras comment faire si ça ré-arrive » (à adapter selon la situation, si c’est dangereux ou pas, etc.).

En faisant cela, vous permettez à l’enfant d’apprendre. Vous lui permettez aussi de développer son autonomie, ça le responsabilise, et il développe sa confiance en lui.
Et puis franchement, c’est cassé, c’est cassé. En faire un foin ne va pas tout effacer.

2- Expliquer

Oui je sais, parfois on a l’impression que ça rentre par une oreille et que ça ressort par l’autre. Alors on peut être vite tenté de se dire qu’expliquer ne sert à rien.
Et pourtant, vous le savez déjà, il faut répéter, répéter, répéter encore pour que ce soit intégré. Faites-vous une raison une bonne fois pour toute. Les neurosciences l’ont bien démontré, c’est la répétition qui créée les connexions dans le cerveau, même pour nous les adultes.

Par contre, pas la peine de faire des discours de 3 kms, des leçons de morales ou des monologues stériles.
Adaptez vos mots à l’âge de l’enfant. Discutez avec lui, demandez-lui si il a compris et faites-le répéter avec ses propres mots pour être sûr-e qu’il a compris.
Même en faisant cela, faites-vous à l’idée que vous y reviendrez certainement. Mais moins que si vous utilisez la punition sans qu’il ne comprenne (car la plupart du temps, l’enfant ne sait même pas pourquoi il est puni).

3-Anticiper

Quand on peut l’éviter, pourquoi s’en priver?

Exemple: vous venez de vous offrir le dernier téléphone hyper high tech dernier cri qui fait tout, même les pizzas et qui vous a coûté les yeux de la tête.
Si votre cher petit ange vient vous le jeter par terre, ou baver partout dessus, ou encore vous le bloquer en faisant une manip ratée pour écouter de la musique, vous allez avoir envie de faire un meurtre.
Et bien vous ne le laissez pas en vue.
Si enfant pas accès à objet = enfant peut pas faire bêtise.

Autre exemple: l’enfant renverse son verre d’eau, dès qu’il peut. C’est énervant de devoir nettoyer, changer les vêtement, etc. Il a peut-être besoin d’expérimenter comment réagit les liquides. Alors il est possible et même conseillé de lui installer dans un endroit adapté une bassine d’eau, des verres, des ustensiles (passoire, cuillères, etc.) pour qu’il puisse laisser libre court à ses expériences dans de bonne conditions.

J’ai testé avec ma fille, fini les galères des verres d’eau renversés. Et en plus, des heures de tranquillité pendant qu’elle faisait ses expériences aquatiques.

Vous voyez, c’est bien plus constructif et épanouissant pour l’enfant et bien moins stressant pour les parents.

4- Ne pas mettre la pression

Avouez, ça vous met pas le stress vous quand vous faites quelque chose et qu’il y a quelqu’un qui regarde par dessus votre épaule? J’en connais qui n’arrive même plus à faire quoi que ce soit.

Alors imaginez ce que ça fait à un enfant quand on est sur son dos à lui répéter « tu vas pas y arriver », « tu vas te faire mal », « tu devrai faire plutôt comme ça »… résultat assuré. D’ailleurs tout le monde le sait car on ne connait que trop bien le « tu vois, je te l’avais dit ».

Sérieusement, même un adulte fini par faire une catastrophe dans ces conditions.

Alors ayez un peu plus confiance. Et si vous avez peur de quelque chose, restez à côté en encourageant l’enfant qui tente forcément d’expérimenter quelque chose.
Guidez-le, montrez-lui comment vous, vous feriez. Bref, montrez-lui que vous le soutenez et pas l’inverse.

5- Établir des règles claires et adaptées

Pour que l’enfant puisse évoluer et grandir en confiance, il a besoin de règles, d’une structure, d’un cadre dans lequel il se sentira libre et en sécurité.

Donc définissez ces règles en fonction des besoins de l’enfant, de la famille, de l’environnement.
Elles doivent être impérativement comprises par l’enfant, donc adaptez vos mots pour qu’il comprenne. Elles vont évoluer avec l’enfant mais aussi avec l’environnement.

Par contre, soyez sûr-e de pouvoir faire respecter ces règles sans punitions. Pas la peine de poser une limite que vous ne pourrez pas faire appliquer.

Ces règles, si elles sont justes, vont permettre à l’enfant de savoir clairement ce qu’il ne peut pas faire, et ainsi de limiter les situations problématiques.

6- Laisser faire

Parfois, l’enfant à besoin d’expérimenter par lui-même jusqu’au bout pour voir ce que ça fait.
Bien sûr, il n’est pas question de le laisser se mettre en danger.

L’autre jour, ma fille voit des orties. Elle les reconnait et me demande: « si je touche, est-ce que ça va piquer? ». Je lui répond que oui, ce sont des orties, ça pique. Mais elle insistait et à fini par les toucher. Très doucement. Si bien qu’elle ne s’est pas piqué. Elle a continué, les caressait, les frottait. Elle était très fière: « t’as vu maman, je me pique même pas ».
Jusqu’au moment où elle s’est piqué. Elle n’a pas pleuré et m’a dit: « et bien maintenant je sais comment toucher les orties sans me piquer ».

C’est le genre de situation qui aurait pu terminer en drame (ok, j’abuse un peu). Si j’avais commencé à lui prendre la tête en lui disant qu’elle allait se faire mal, qu’après je la laisserait galérer avec ses piqûres (en guise de punition) et que ça lui servirait de leçon, forcément la situation aurait dérapé.

7- Adapter l’environnement

Comme je disais au n°3-anticiper, si vous ne voulez pas prendre de risques inutiles, il est important d’adapter l’environnement.

Un environnement sécurisé sera rassurant pour le parent et laissera l’enfant plus libre d’évoluer sans stress.

Vous ne voulez pas punir votre enfant parce qu’il a une telle envie de manger un bonbon qu’il n’écoute plus rien? Il hurle, c’est tout. Alors, ne laissez pas en vue le paquet de bonbecs.  

Vous « parquez » votre enfant dans un parc pour qu’il ne monte pas les escaliers? Mettez plutôt une barrière à l’escalier (pas à l’enfant…) ou mieux, apprenez-lui à les monter et à les descendre en sécurité.

Vous ne voulez pas qu’il dessine sur les murs? Aménagez un pan de mur avec du papier en lui expliquant qu’il peut dessiner là et pas ailleurs.

Etc. Vous avez compris le principe.

8- Relativiser

Je sais, c’est pas facile.
Votre tasse préférée pour boire votre café est en miette, à vos pieds. Votre loulou-te vous regarde, attendant votre réaction ou est parti en courant se cacher ou pleure.
Vous êtes partagé entre la colère, le stress parce que vous allez encore perdre 10 min à nettoyer et l’envie d’hurler votre mécontentement sur votre enfant.

Prenez 30 secondes. Réfléchissez. Votre amour voulait peut-être juste vous aider, vous faire plaisir. Ça partait forcément d’une bonne intention (si si si, les enfants sont comme ça).

Vous auriez pu vous-même casser cette tasse…

Pour conclure, j’aimerai rappeler que « un comportement a toujours une raison. Reste à la trouver, ce qui n’est pas une mince affaire. Dans le doute, abstenons-nous de tout jugement et cherchons ensemble », Isabelle Filliozat.
En d’autres termes, l’enfant a toujours une raison de faire ce qu’il fait. Derrière chaque « bêtise », il y a un besoin, une expérience, un test, une recherche.
La punition ne permet pas de comprendre et d’apprendre de son erreur, elle ne répond pas non plus à un besoin.
Alors que les alternatives, oui.

Et vous, vous avez d’autres alternatives? Dites-moi tout en commentaires.

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