Le guide du bien parlé parental


Comme tout bon parent qui se respecte, vous vous êtes certainement rendu compte qu’on ne parle pas un enfant comme on parle à un adulte.
Enfin, on va lui dire la même chose, la même idée, mais pas tout à fait avec les même mots.

Beaucoup de parents qui pratiquent une éducation bienveillante, positive, consciente, bref, qui cherchent à respecter le développement de l’enfant, le rythme et être en adéquation avec lui savent bien que les mots ont un grand pouvoir.
Bon, c’est pas obligatoirement des parents qui savent ça. Énormément de domaines parlent du pouvoir des mots…

Du coup, pas mal de monde a décidé de changer son langage pour le bien-être de tous, et surtout des enfants.
Chacun fait de son mieux en utilisant les outils que l’on peut trouver comme la CNV (voir le dictionnaire de la bienveillance), éviter les formulations négatives que le cerveau ne peut comprendre, exprimer ses émotions clairement avec les mots justes (quand c’est possible parce qu’on ne sait pas toujours ce que l’on ressent vu qu’on a pas appris, voir l’article: émotions, sentiments, le grand bazar), bref, communiquer le mieux possible afin que l’autre comprenne clairement. Tout ça dans le but d’éviter des incompréhensions, des sous-entendus, des vexations, des frustrations et parfois même des situations complexes.
Enfin, ce n’est pas non plus dans le but de vivre dans un monde de bisounours. Si je dis à ma fille : »il est hors de question que tu mange ce bonbon », elle sera très frustrée, en colère, vexée, etc.

Arrête de crier

Arrête de crier

Bon ok, on va dire qu’en adaptant son langage, on peut limiter les conflits. C’est déjà pas mal.

Tout ça pour dire que malgré tous nos efforts, il nous arrive encore d’utiliser des phrases qui non pas du tout l’effet désiré sur nos petits amours.

J’ai la chance d’avoir un entourage « qui joue le jeu » de la bienveillance. Quand je les écoute parler depuis quelques mois, je dois avouer que de temps en temps, je sourie…
Bon j’avoue, moi aussi ça m’arrive d’échapper une de ces phrases qui ne sert strictement à rien.

Allez, j’en dis pas plus, je vous laisse découvrir ces phrase inutiles ou en tous cas qui ne vont pas atteindre le but que vous souhaitez.

1- J’en ai marre de te courir après

Ce que vous voulez dire: arrête de partir tout le temps, j’arrive pas à suivre et je ne veux pas te laisser partir seul.
Ce que l’enfant comprend: ben arrête de courir…
La solution: mettez-vous au sport ou dites-lui ce que vous pensez vraiment ou trouvez-lui une activité pour l’occuper et lui faire penser à autre chose.

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2- Ne saute pas sur le canapé

Ce que vous voulez dire: arrête de sauter sur le canapé.
Ce que l’enfant comprend: youpi, je peux sauter sur le canapé (ben oui, le cerveau ne comprends pas les négations).
La solution: aménager un endroit pour sauter en sécurité avec des coussins par exemple, lui dire d’arrêter de sauter sur le canapé, sauter avec lui.

3- Mets tes chaussures

(Ça marche aussi pour les vêtements)
Je ne sais pas pourquoi les enfants ont tant de mal à mettre leurs chaussures au moment de partir…
Alors bien sûr, vous voulez dire: mets tes chaussures.
Ce que l’enfant comprend: comment je peux rentrer le cube dans la boite… ou oh, il est beau ce livre… ou je ne sais quoi en rapport avec son activité du moment et qui est super important.
La solution: le laisser pieds nus, trouver le truc qui va le motiver pour partir et donc mettre ses chaussures, faire un jeu avec les chaussures.

Toujours faire de nouvelles expériences

Toujours faire de nouvelles expériences

4- Arrête de crier

En criant vous-aussi… et c’est une réaction normale puisque vous voulez vous faire entendre. Mais ce n’est pas vraiment la bonne solution. Déjà parce que ce n’est pas logique d’attendre quelque chose de quelqu’un qu’on ne fait pas soi-même.
Et puis parfois, quand on se met à crier aussi pour se faire entendre, on peut surprendre l’enfant et il se met à pleurer très fort. Non, vraiment, il y a mieux.
Ah oui? C’est quoi la solution? Il faut simplement capter l’attention de l’enfant, se mettre à son niveau et lui expliquer que les cris sont gênants, qu’ils empirent les maux de tête, qu’ils empêchent de discuter avec quelqu’un d’autre ou je ne sais quoi mais vous avez compris l’idée. Expliquez simplement. Proposez-lui de crier dans sa chambre ou dehors si c’est possible, dans un coussin, dans un bocal (ça c’est drôle, on cri dans un bocal, on referme vite le couvercle. Attention à ne pas rouvrir le pot sinon tous les cris s’échappent…). Bref, trouvez une alternative.

5- Ne touche pas ça

Ce que vous voulez dire: oh punaise, c’est vraiment horrible ce truc, c’est crade, je sais même pas ce que c’est… si tu touche ça j’ai peur que tu choppe une horrible maladie qui va t’achever!
Ce que l’enfant comprend: tiens, ça à l’air cool ce truc… c’est quoi? En plus je peux toucher (le cerveau ne comprend toujours pas la négation)… ça doit avoir un goût bizarre… oui tiens, voyons ça…
La solution: ne rien dire tant que l’enfant ne montre pas d’intérêt pour l’objet concerné. Parfois, l’enfant n’avait pas fait attention avant qu’on lui fasse remarquer. Inutile d’attirer son attention dessus.
Sinon, il est préférable de lui dire clairement que ce qu’il vaut mieux laisser le truc en question, que ça semble vraiment très sale et qu’il vaut mieux aller toucher l’autre truc qui à l’air plus drôle (à vous de trouver « l’autre truc ».

Ne touche pas à ça

Ne touche pas à ça

6- Tu fais quoi là?

Ce que vous voulez dire: je n’approuve pas du tout ce que tu es entrain de faire
Ce que l’enfant comprend: ben ça se voit pas? Je suis en train d’enrouler le chat avec 3 rouleaux de papier toilette, pourquoi? Ça se voit pas?
La solution: dites-lui clairement que vous n’êtes pas d’accord. Vous ne comprenez pas le but de ce que fait votre amour, pas besoin de le savoir, lui sait. Et vous n’avez pas besoin de comprendre sa démarche pour lui faire part de votre désaccord.  N’oubliez pas d’expliquer rapidement pourquoi vous n’êtes pas d’accord (c’est vrai que c’est important de savoir pourquoi on emballe pas le chat avec du PQ quand même).

7- C’est pas une bonne idée

Ce que vous voulez dire: j’ai testé ou déjà vu faire ça et c’est sûr que ça va pas le faire.
Ce que l’enfant comprend: « Qui me parle? » ou selon les cas, « tu m’as prit pour quoi? Tu crois que je suis nul à ce point?
La solution: lui dire simplement que ça ne vous rassure pas de le voir faire cela, mais laissez-lui sa chance en le maintenant en sécurité. Il peut vraiment vous surprendre.

8- Tu vois, je te l’avais dis

Ce que vous voulez dire: ça fait 10 fois que je te dis d’arrêter de sauter sur le canapé, que tu risque de te faire mail, et voilà, j’avais raison. Il faudrait que tu m’écoute la prochaine fois.
Ce que l’enfant comprend: et alors, ça me fait une belle jambe. Ça m’a pas empêché de me faire mal.
La solution: dans le genre inutile, je crois que c’est le pire. Ça ne console pas du tout l’enfant, ça ne l’aide pas du tout à comprendre. Ça sert juste à essayer de prouver que notre parole à de la valeur. Il vaut mieux juste le consoler et lui donner une astuce pour mieux y arriver la prochaine fois. Ou mieux encore: discuter avec lui de pour qu’il trouve ce qu’il pourrait améliorer pour y arriver.

Évidemment, cette liste n’est pas exhaustive, ce ne sont que quelques exemples.

Alors et vous, c’est quoi vos phrases inutiles? Est-ce qu’au moins vous en avez? Dites-moi tout en commentaires.

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A propos de Jennifer

Je propose des outils nécessaires à la compréhension du fonctionnement d'un enfant permettant ainsi de mieux répondre à ses besoins tout en vous permettant de devenir le parent que vous rêvez d'être.

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