Fumer pendant la grossesse et l'allaitement

Tabac: grossesse, allaitement, la honte

Ça fait un bout de temps que je veux écrire cet article, mais… j’ai honte.
Si, vraiment, j’ai honte. Je vais vous dire pourquoi.
Même dans les réseaux sociaux le sujet en très rarement abordé.

Alors parlons de ce sujet sensible, voir tabou (non, en fait c’est carrément tabou) qu’est la consommation de tabac pendant la grossesse, l’allaitement ou devant les enfants. Parce que concrètement, il est urgent d’en parler pour notre bien et celui de nos enfants.

Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout », (extrait du film « Le pari »).

Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout
Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout

Les risques

Nous savons tous que fumer comporte de sérieux risques pour la santé.
Nous savons aussi que les enfants sont particulièrement sensibles à  ces risques c’est pourquoi il ne faut pas fumer près d’eux, ou quand on allaite puisque ça passe dans le lait ou quand on est enceinte. Les conséquences peuvent parfois être vraiment graves. Je ne vais pas m’étaler là dessus, tous le monde connait l’histoire, à moins d’habiter sur Mars. On est tellement bassiné avec ça qu’on ne peut pas ne pas savoir que c’est dangereux.

Là-dessus, nous sommes tous d’accord.
Donc, tu n’enfumes pas ton gosse et tu ne bois pas une goutte d’alcool. Tellement simple… Et si tu ne fais pas ça, ben tu es un mauvais parent. Sympa…

Sauf que pour être un bon parent… c’est bien plus compliqué que cela.

Aucun soutien pour arrêter de fumer

Bien au contraire même.

La culpabilisation

Vous l’aurez compris, je suis une fumeuse.
Quand je suis tombée en enceinte (très rapidement après avoir décidé d’avoir un enfant –voir cet article-), je fumais. Bien entendu, je ne souhaitais pas faire courir de risques à mon bébé donc j’ai consulté une sage-femme spécialisée en tabacologie pensant trouver du soutien pour arrêter de fumer car c’était mon but.

Elle me fait passer des tests. Résultat, je suis dans le rouge. Il faut absolument arrêter, c’est dramatique pour le bébé et blablabla.
Sérieusement, j’en avais rien à cirer de tout ça!
J’étais pas là pour savoir à quel point j’étais intoxiquée ou à quel point c’était dangereux pour bébé… J’étais là pour trouver de l’aide pour arrêter (et qu’est-ce que je voulais arrêter). Pas pour m’enfoncer encore plus.

Le pire, c’est qu’à part m’énumérer tous les dangers et les risques, elle n’a rien fait d’autre.

Résultat, je suis ressortie de là totalement démoralisée, culpabilisée et surtout, sans solution.

Je ne vous parle même pas des visites de contrôle avec les gynécos et autres médecins. Dans le genre je t’en rajoute une bonne tartine pour que tu te sentes encore plus mal…

La honte de fumer
La honte de fumer

La honte

J’ai donc décidé de diminuer au maximum que je pouvais (5-6 cigarettes par jour). Tout le monde me disais que quand on veut on peut, etc. Que c’était pas bien, que j’étais irresponsable par rapport à mon bébé et tout le tremblement.
Si j’avais le malheur de fumer dans la rue avec mon gros ventre, on me regardait de travers, comme si j’avais un 3ème œil. Du coup, je me cachais pour fumer.
J’avais tellement honte.

Ils étaient beaux tous ces donneurs de leçon mais il n’y en a pas eu un qui m’a donné un petit coup de pouce. Pas un qui m’a fait une petite phrase de soutien ou qui m’a donné une astuce (pourtant, nombreux étaient des anciens fumeurs).

Et combien de mamans qui me disaient: « ah moi j’ai arrêté pendant la grossesse… », d’un air « t’es faible, moi au moins je l’ai fait » (on devient un peu parano à force aussi…). Mais il n’y en a pas une qui m’a dit comment elle a fait.

Le cercle vicieux

Le pire dans tout ça, c’est que de se faire culpabiliser comme ça et de se sentir mal, ben ça donne encore plus envie de fumer.
Et plus on fume et plus on a honte, et plus on a honte et plus on fume. On ne s’en sort plus.

On pourrait s’imaginer que quand bébé nait, toute cette torture s’arrête (si c’est de la torture, parce que vivre la culpabilité et la honte au quotidien, c’est juste horrible). Et ben non, parce que t’as décidé d’allaiter. Alors ça continue.

« Vous savez que ça passe dans le lait? », « C’est pas bien de fumer en allaitant », « Tu devrais arrêter parce que c’est mauvais pour ta fille », etc.
Mais bon sang ça leur sert à quoi de rabâcher toujours la même chose? C’est quoi leur problème à tous? Ils pensent vraiment que ça aide de répéter les mêmes horreurs?

Et ça recommence

Toujours pas de soutien

Comment arrêter de fumer
Comment arrêter de fumer

Quand j’ai accouché, je n’ai pas pu fumer pendant près d’une semaine. Mon corps ne voulait tout simplement pas, je n’avais même pas envie.

Qu’est-ce que j’étais heureuse. Enfin j’allais arrêter de fumer. J’allais arrêter d’empoisonner ma fille. Je ma sentais libérée.

Quand la sage femme spécialisée en tabacologie est passée me voir 3 jours après l’accouchement, elle était très heureuse aussi.
Mais elle m’a bien rappelé que c’était certainement le contrecoup de l’accouchement et que l’envie allait certainement me reprendre. Il fallait donc que je résiste.
Ok mais comment? Je verrais le moment venu…
A croire qu’elle avait programmé que j’allais reprendre. Elle pouvait pas juste me filer des astuces « au cas où »?
Non non. Elle s’est contenté de m’expliquer que si je reprends la cigarette, il faut que fume loin des tétées, que je change de vêtements et que je me lave bien les mains. Comme si je n’avais jamais arrêté… cherchez l’erreur.

Donc bien sûr, au bout d’une semaine, je me sentais vraiment très mal, j’avais de terrible maux de têtes. Je me suis dis que c’était le manque de nicotine.
J’ai essayé de trouver des infos sur le sujet, de trouver des personnes qui pouvaient m’aider. Rien. Ni infos, ni personne n’a su me dire si c’était normal après un accouchement ou si c’était le manque de tabac.

Je ne pouvais pas rester dans un état pareil et m’occuper de mon bébé. Alors j’ai dit tant pis, je tente une clope, je verrais si c’est ça…
Et oui, erreur fatale. Je le savais mais je n’arrivais pas à gérer.
Bien sûr, tout est redevenu bien: plus de maux de têtes, plus de mal-être. Envolé.
J’ai fais un choix à ce moment, j’en suis consciente. Mais choisir entre être une loque pour s’occuper de son nouveau né et en pleine forme, ça a été vite vu.

L’entourage , le papa dans tout ça? Qu’est-ce que vous voulez qu’ils disent? La même chose que les autres? Na, ils savaient ce que j’en pensais et ne savais pas plus que les autres quoi faire.

Re-culpabilisation et re-honte

Le tabac, une plaie
Le tabac, une plaie

En pire. Parce que j’avais arrêté et reprit. Quelle faible que j’ai été à leurs yeux.
Oui, mais ils n’ont pas été là quand j’en avais besoin, alors qu’ils se taisent.

Du coup j’avais toujours droit aux mêmes rengaines: « tu t’es bien lavée les mains? », « Vous fumez en allaitant? Et le bébé alors? », etc.

J’ai eu droit aux « tu fumes devant ta fille? ». Bon celle là, j’avoue, elle m’a fait réfléchir. C’est vrai que les enfants apprennent en observant les autres, ils les miment. Alors fumer devant un enfant lui apprend le geste de la cigarette et que c’est chose banale et normale que de fumer, pas top. Donc j’évite au maximum (et jamais dans la maison ou la voiture, même si elle n’est pas là).

Donc je continuais à me cacher pour fumer. Je culpabilisais toujours autant et j’avais toujours honte d’empoisonner ma fille.
Heureusement qu’elle est en parfaite santé aujourd’hui sinon je n’ose même pas imaginer dans quel état de culpabilité je serai.

Et puis franchement, on ne peut pas dire que les photos sur les paquets nous aide à nous sentir mieux, en plus de traumatiser bon nombre de personnes sensibles, dont les enfants (même si on cache les paquets, il y a toujours une fois ou l’autre où ils tombent dessus).

Conclusion

Aujourd’hui, je fume encore et je culpabilise toujours. Cette histoire m’a laissé des traces a tel point que j’ai peur d’arrêter.

Ce que je veux dire, c’est que de faire culpabiliser et de mettre la honte n’aide vraiment pas à arrêter de fumer, bien au contraire.
Les risques, tout le monde les connait aujourd’hui. Pas la peine d’en rajouter une couche. C’est déjà assez dur à vivre.

Non, ce qu’il faut c’est du soutien, de la douceur, de la bienveillance.
Pas un retour en enfance où on nous met la honte parce qu’on a fait une bêtise.
Ce n’est pas par la peur qu’on peut y arriver.
Je pense que c’est par la volonté, mais cette volonté à besoin d’être nourrie, pas anéantie.

Alors si vous êtes une future maman fumeuse ou maman fumeuse ou une personne proche d’une maman fumeuse, n’oubliez pas tout cela. N’oubliez pas que la honte n’est pas la solution.
Je sais que c’est un sujet tabou, mais il faut quand même en parler pour en sortir.

Et si vous avez des astuces ou une expérience pour arrêter de fumer, racontez-nous ça en commentaires parce que je veux toujours arrêtez de fumer 🙂

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