Je n’aime pas les enfants

« Je n’aime pas les enfants »
C’est une phrase que j’entends occasionnellement et qui me choque aujourd’hui. Comment ne peut-on pas aimer les enfants? Pourtant tout le monde a été enfant un jour. C’est comme si on n’aimait pas une partie de soi alors…
Je dis « aujourd’hui » car ce n’a pas toujours été le cas, un peu comme dans cet article: j’aime pas les enfants, c’est normal.
Bon, ce n’était pas que je n’aimais pas les enfants mais plutôt que je n’étais pas à l’aise en leur présence. Je leurs trouvais un tas de défauts: bruyants, capricieux, désobéissants, sales, onéreux… (tout y passait). Bref, je trouvais un tas de raisons pour justifier que je ne les aimais pas. Dur dur.
Pourtant, j’adorais mes frères et sœurs avec qui j’avais un grand écart d’âge (je suis l’ainée). Ce doit être les incohérences humaines…

C’est cette raison qui a fait que je ne voulais surtout pas d’enfants, mais vraiment, j’en voulais pas. Il aurait fallut me payer extrêmement cher pour que j’accepte d’en avoir, et encore.

Je n'aime pas les enfants
Je n’aime pas les enfants

Je n’aime pas les enfants mais je me soigne

Puis un jour, je me suis remise en question. Certains vont dire que c’est la maturité, d’autres l’appel de l’horloge interne ou je ne sais quoi. Ce n’est pas la question.
La question c’est: qu’est-ce qui m’a fait changé d’avis?

La réponse est claire, c’est moi, toute seule. Comme je disais, je me suis remise en question.
J’ai beaucoup réfléchi. Pourquoi refuser à ce point d’avoir des enfants? Cela m’a semblé anormal à force.
J’ai décidé de me poser les bonnes questions.
Pourquoi je suis mal à l’aise avec les enfants?
J’ai fini par comprendre que ma propre enfance difficile me posait problème.

Je m’explique. Je pense que j’avais peur, au fond de moi, de faire subir aux enfants ce que j’avais subit moi-même. Et comme je m’étais interdit de reproduire la même chose…
Sauf qu’au fond, ce n’est pas la solution de tout rejeter en bloc.

Toucher là ou ça fait mal

Il n’y a pas que ça. Je pense que tout le monde l’a constaté: les enfants ont le mérite de faire ressortir nos « démons » intérieurs. Ils ont le chic d’aller là où ça fait mal.
« Le métier de parent est réellement difficile, impossible selon Freud, tant il nous confronte à nous-mêmes, à nos limites, à nos blessures non encore guéries, et tant les enfants nous reprochent inévitablement un certain nombre de choses, puisqu’ils ont besoin de cela pour grandir, se sentir différents de nous et se séparer. » Isabelle Filliozat
On pourrait avoir parfois la sensation que les enfants nous testent, voir même nous provoquent alors que pas du tout. En fait ils expérimentent, tout simplement. Ils apprennent le fonctionnement humain, comme ils le font avec les objets. « Ah tiens, si je fais ça, ça fait telle réaction ».

« Ce n’est pas l’enfant qui est difficile à supporter pour le parent, c’est son comportement, la situation, ou plus exactement ce que cette situation réveille en lui d’émotion et de tensions. » Isabelle Filliozat.

Et puis si on rajoute à cela l’énergie que cela demande d’élever un enfant plus l’inconfort, la sensation de ne plus être libre… Ça peut faire peur. C’était mon cas.
Mais mon excuse préférée: « non mais t’as vu dans quel monde on vit? C’est vraiment pas un cadeau à faire à un enfant! ».

La simple idée qu’un enfant d’un couple d’ami vienne à la maison me « fatiguait » et me mettait en stress.

Finalement, cela devenait très désagréable car l’âge avançant, toutes mes connaissances se reproduisaient pour mon plus grand agacement.

Les enfants me stressaient
Les enfants me stressaient

Interrogations

Ce qui m’a fait réagir, c’est que justement les autres avaient tous des enfants. J’ai commencé à me dire que je n’étais pas « normale ». A l’époque c’est comme ça que je réfléchissais.
Surtout que la famille me mettait la pression: « il va bientôt falloir se décider quand même », ou encore « ça fait longtemps que t’es avec ton homme, pourquoi vous ne faites pas d’enfants? ». Franchement, quelle idée de me demander pourquoi je ne veux pas d’enfants. Comme si je leur demande à eux pourquoi ils en veulent.

Alors c’est ce que j’ai fais. J’ai demandé à tout le monde ce qui les motivait à avoir des enfants. Et bizarrement, je trouvai toutes les réponses insatisfaisantes. Comme si j’attendais une révélation…
Pourtant,  ce sont les motivations de ces gens à avoir des enfants qui m’ont fait changé d’avis, et aussi mon homme qui lui, voulait vraiment des enfants (« une équipe de football américain » qu’il disait… Maintenant que la petite est là, c’est bizarre, il n’en veut plus d’autres…).

C’est l’idée de transmettre quelque chose.

Au début je ne comprenais pas cette idée. Transmettre quoi? Pourquoi faire? Qu’est-ce que j’ai de particulier à transmettre?
Petit à petit, la graine à germée.

Libération

Puis les unes après les autres, toutes mes « excuses » pour ne pas avoir d’enfants se sont envolées.
Mon lieu de vie se prêtait merveilleusement bien à la venue d’un enfant.
Le monde est pourri, à moi de faire en sorte de donner tout ce qu’il faut à cet enfant pour rendre le monde meilleur ou du moins, que l’enfant le vive mieux que moi.
Ça prend beaucoup d’énergie, mais il y a tellement de choses qui compensent cette « perte », qui du coup, n’en est plus une.
Fini la liberté, pas tout à fait, un enfant n’est pas un poids. Les compromis existent.

Petit à petit, je me suis rapprochée des enfants, sans m’en rendre compte. J’étais toujours un peu mal à l’aise, mais ce n’était plus désagréable.
Je commençais même à les trouver mignons…

Libération
Libération

Et puis j’ai compris mon réel problème: la peur de m’engager. J’avais une idée bien définie de ce que je voulais et ne voulais pas pour mon enfant. Tant que tenir cet engagement vis à vis de moi et de mes convictions me semblait si difficile. Ce n’était juste pas le moment pour moi de m’engager à élever un enfant.

Bébé en vue

En quelques mois, tous mes blocages étaient levés. Si bien que j’ai eu ma fille à 32 ans. Et combien elle était attendue!
Cela a été un déblocage total.
Maintenant j’adore tous les enfants, je passe mon temps à regarder des vidéos de bébés (jamais je n’aurai imaginé avant). Je suis à fond d’éducation. Tout ce qui concerne les enfants me passionne.
Un véritable renversement, je dirai même: une révélation. Je n’ai jamais été autant engagée. Encore plus que ce que je souhaitais. Et c’est magnifique, ça fait du bien.

Alors aujourd’hui, quand j’entends: « j’aime pas les enfants », je me dis qu’il y a certainement une bonne raison… et que finalement, cette raison n’est peut-être pas si valable que ça. Je ne sais pas.

En tous cas, une affirmation qui me choque aujourd’hui (oui, aujourd’hui ça me choque), me permet de me rappeler à quel point il est inutile de juger. D’autant que beaucoup de femmes se sentent « anormales » de ne pas aimer les enfants (par exemple dans cet article: maman? non merci!). Pas facile pour elles, je le sais, je l’ai vécu. On m’a fait culpabilisé.
On ne connait jamais les blessures des personnes, leurs souffrances, la façon dont ils vivent les choses. Alors on ne peut pas les juger.
Surtout, il ne faut pas oublier que l’on peut changer, et ne jamais dire « fontaine, je ne boirai pas de ton eau »…

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8 commentaires sur “Je n’aime pas les enfants”

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