Ville

Quand j’étais enfant…

Quand j’étais enfant…
Je croyais que lorsque l’on ouvrait la porte d’un château d’eau, toute l’eau s’échappait… très dangereux d’ouvrir la porte du coup.

Château d'eau
Château d’eau

Je voulais être volcanologue.
Les seuls bonbons que je mangeais étaient les pâtes de fruits que ma maman me faisait.
J’avais très souvent mal au ventre et j’avais peur de vomir.
J’adorais tripoter les lolos.
J’avais très peur que le soleil grossisse beaucoup et détruise la terre.
J’adorais manger les croquettes des chats en douce.
Je cherchais toujours des façons de soulager ma maman.
Je croyais que le mal être des autres était de ma faute.
Je ne comprenais pas quand on me disait de finir mon assiette parce qu’il y a des enfants qui meurent de faim dans le monde.
J’aurais tout fait pour que mon papa soit fier de moi.
J’avais l’impression de manquer pleins de choses lorsque je dormais.
J’adorais être toute nue.
Je voulais tellement avoir des amis… mais j’avais toujours une super copine.
Je n’avais pas peur du noir.
J’adorais faire pipi dans l’herbe.
Je ne comprenais pas les copines qui avaient peur des monstres.
Je ne voulais pas grandir, être adulte paraissait si horrible…
J’ai ressenti la plus grande des trahisons lorsque j’ai découvert que le Père-Noël n’existait pas.
J’adorais les cabanes construites avec des tissus.
J’avais très peur des cris des adultes.
J’étais capable de pleurer jusqu’à en avoir le tournis, sans pouvoir m’arrêter.
J’avais la sensation d’avoir des mains très grandes et grosses lorsque j’avais de la fièvre. Ça me faisait très peur.
Je croyais que les gens qui habitaient en ville n’étaient pas tout à fait humain, qu’ils n’étaient pas normaux.

Ville
Ville

J’adorais jouer sous la pluie.
Je me sentais tout le temps fatiguée, et pourtant, je ne pouvais pas m’arrêter.
J’adorais cuisiner des fleurs et des plantes avec de la boue.
Je n’avais jamais la sensation de faire une bêtise ou quelque chose qu’il ne fallait.
Donc, je ne comprenais pas les punitions, je trouvais ça toujours injuste.
Je n’avais pas la télé et c’est tant mieux parce que j’avais peur des dessins animés.
Par moment je me sentais si triste, et d’autres si heureuse, que j’avais la sensation de pouvoir en mourir.
Quand j’étais enfant, je me posais des questions existentielles: pourquoi mon chat est mort? Comment la lune et les étoiles tiennent dans le ciel? Pourquoi l’eau ça mouille? Comment le fil du téléphone pouvait transmettre les voix? Pourquoi j’existais?
L’odeur du caca ne me dérangeait pas.
Souvent, quand les grands me parlaient, je me sentais bête.
Quand quelqu’un me disait qu’il aimait quelque chose, ben du coup j’aimais aussi. Et inversement.
J’étais sûre que si j’arrêtais d’exister, le monde aussi.
J’inventais des chansons et j’étais persuadée de les chanter super bien, tant que je ne voyais pas les têtes des autres.
J’adorais jouer dehors, grimper dans les arbres, observer les fourmis et les gendarmes.
J’ai mis longtemps à comprendre que la maison en carton et les escaliers en papier de la chanson « pirouette cacahuète » étaient impossible.
Je ne voyais pas tous les détails des choses.
Je détestais qu’on me dise que je comprendrais plus tard.
Je n’avais pas peur d’avoir mal (sauf au ventre).
J’étais très impressionnée par les garçons, les hommes, ils me faisaient même peur.
J’avais une peur terrible que maman m’abandonne.
J’étais fasciné par les mouvements des mains et des doigts.
Je voulais que tout le monde soit tout le temps heureux et rigole.
J’aimais bien voir les effets que ça faisait quand on me disait de faire quelque chose et que je faisais l’inverse.
Je trouvais le monde beau.
Je me sentais souvent humiliée.
Je croyais que les groupes de musique venaient en direct jouer leur tube dans les studios des radios.

Studio de radio
Studio de radio

Quand j’étais enfant, je ressentais un tas de choses que je ne comprenais pas et qui parfois me faisaient peur.
J’avais toujours peur pour ma maman.

« Notre enfance est si loin. […] Certes, nous avons bien des souvenirs, mais dans la plupart des cas ils ne sont guère ni libérés des émotions qu’ils évoquent, ni organisés et reliés entre eux pour nous rendre notre liberté. Ils ont fait la personne que nous sommes aujourd’hui, une personne qui nous est tout à la fois familière et inconnue. Nous nous connaissons dans une certaine mesure, nous sommes « habitués » à nos réactions, mais nous ne les maîtrisons pas. Que s’est-il passé? Nous avons en général gardé les souvenirs positifs et agréables et avons gommé la partie souffrante. Oubliées les humiliations, notre détresse quand papa grondait, la rancœur face aux punitions, la peur dans le noir… Nous avons enregistré cette conviction: même si nous avons eu mal sur le moment, nos parents ont agi « pour notre bien ». […]
Inconscients de ce qui se passait à l’intérieur de nous quand nous étions petits, nous n’avons plus de repères pour sentir ce qui se passe pour notre enfant. Nous cherchons alors à nous comporter nous aussi « pour son bien », à faire ce qui est « bon pour lui », en obéissant davantage à nos certitudes éducatives qu’à notre sensibilité, et ce d’autant plus que cette sensibilité est plus ou moins enfouie. Nous éprouvons parfois du remord à nous comporter comme nous le faisons, mais nous n’écoutons que rarement cette petite voix de notre cœur; surtout quand d’autres plus « autorisées » résonnent. »
« Il n’y a pas de parent parfait », Isabelle Filliozat

Maintenant je suis maman.
Et quand je regarde mon enfant, je me souviens de tout cela et je comprends.

Je comprends mon enfant, et je me comprends moi, quand j’étais enfant.

Je me suis informée, j’ai expérimenté, j’ai cherché à comprendre, je me suis remise en question, et je continue.
Je continue parce que c’est passionnant et que la vie est tellement plus simple lorsque l’on comprend.
Je continue parce que c’est un cercle vertueux: plus je me comprends quand j’étais enfant, et plus je comprends mon enfant, et inversement.
Et surtout, je l’accepte, sans jugement. Qu’est-ce que ça fait du bien…
J’essaie de toujours me faire confiance (voir « c’est fragile la confiance d’une maman »).

Et vous, comment faites-vous pour comprendre votre enfant? Et votre enfant intérieur?

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