Les enfants sont tout sauf des idiots


Ça vous choque de lire ça? Ça vous semble évident comme affirmation? Je comprends, moi aussi.
C’est vrai que sur le principe, on est tous d’accord que les enfants sont tout sauf idiots.
Mais en pratique, ce n’est pas si évident. Inconsciemment, nos attitudes montrent parfois le contraire.

Lorsque j’ai découvert l’éducation bienveillante, j’ai emmagasiné une multitude d’informations sur le sujet. Pas facile à mettre en pratique. Mais ces infos ont tournées dans ma tête. J’ai observé, expérimenté, encore et encore et je continues toujours pour encore m’améliorer. Il faut dire que j’aime tester par moi-même aussi.

Je me suis observé, j’ai observé mon entourage, les personnes extérieures et les gens dans la rue avec des enfants. J’ai observé ma fille et les enfants des autres.

Et quelque chose m’a vraiment sauté aux yeux: il est extrêmement difficile de laisser la liberté nécessaire à l’enfant pour son total épanouissement. On ne leur fait pas suffisamment confiance.

LES MOTS, TELLEMENT IMPORTANT

Le pouvoir des mots

Le pouvoir des mots

C’est aussi pour cette raison qu’en éducation bienveillante on évite les phrases négatives du type « tu vas tomber ». Comment peut-on affirmer une telle chose? Il est si nul et pas doué que ça? C’est ce que je disais, il faut lui faire plus confiance. On a tenté la même chose et on a échoué? Nous ne sommes pas la même personne. Peut-être l’aider ou le soutenir pour qu’il y arrive est une attitude plus adéquate.
J’ai remarqué qu’un enfant qui tombe après qu’un adulte lui ai dit « tu vas tomber » regarde tout de suite l’adulte en question d’un air de « c’est de ta faute si je suis tombé », comme si il lui avait porté la poisse. Les neurosciences ont prouvés que les mots ont un impact sur le cerveau. Alors bien sûr l’enfant n’est pas tombé parce que l’adulte lui a dit. Mais cette phrase a diminué sa confiance en lui, ce qui a baissé ses capacités ce qui l’a peut-être amené à tomber. Après avoir observé plusieurs fois la situation, il est clair que les enfants tombent moins lorsqu’ils sont encouragés.

J’irai même plus loin. Puisque nous sommes en bienveillance, nous n’utilisons pas ce genre de phrases. Nous utilisons plutôt des « attention à toi », « sois prudent(e) », etc. Mais au bout de quelque temps à répéter en boucle ces mots ça n’a plus de sens non plus.
Je l’ai constaté avec ma fille qui à partir de 28 mois, commençait à dire « attention » dès qu’elle grimpait quelque part. J’ai vite compris qu’elle avait intégré la notion. Maintenant, je constate qu’elle est toujours prudente même si je ne dis rien. Et j’évite de dire quoi que ce soit. Si ces grimpettes me semblent trop périlleuses, je vais près d’elle au cas où mais je n’interviens pas. Ça se passe toujours très bien.
Je pense que c’était sa façon à elle de me dire « c’est bon maman, j’ai compris qu’il faut faire attention pour ne pas me faire mal ». Si j’insistais à lui rappeler encore, peut-être qu’elle finirai par se demander si je ne la prend pas pour une idiote. Comme nous, adultes finalement. Quand on a compris quelque chose, il est très désagréable qu’on nous réexplique encore et encore. On fini effectivement par se demander si l’autre ne nous prend pas pour un idiot.

Cet exemple est valable pour un tas d’autres petites choses du quotidien.
Je pense par exemple à « tu vas pas y arriver ». Je trouve que c’est carrément méchant de dire ça. Comment peut-on juger des capacités de quelqu’un (adulte ou enfant)? Alors je constate qu’au début où l’on dit ça a un enfant, ça lui donne envie de prouver le contraire, et du coup il va se surpasser. Mais à la longue, cela le décourage totalement. Et là, comment le remotiver, lui donner envie de se dépasser?

LAISSER EXPÉRIMENTER

Puis au delà de ça, si on dit à un enfant qu’il ne va pas y arriver, cela implique qu’on ne va pas le laisser faire. Mais comment va-t-il y arriver si on ne le laisse pas faire? Comment déterminer quand l’enfant sera capable d’y arriver?
J’ai arrêté de me poser ces questions.

Par exemple, a 2 ans, ma fille a voulu se servir à boire toute seule. J’étais perplexe mais je l’ai laissé faire. A 28 mois, elle est capable de se servir toute seule, à part quand la bouteille est trop pleine car trop lourde. Je l’aide à ce moment en tenant simplement le verre que je remonte lorsque le verre est plein. Ça marche parfaitement.
A 12 mois elle passait l’aspirateur (elle adore l’aspirateur).

Ce sont des choses qui semblent toutes bêtes pour nous, mais qui sont très importantes pour l’enfant. Je suis convaincu que ce sont ces petites choses du quotidien qui font la différence. Ces petites choses permettent à l’enfant d’expérimenter. Il sent qu’on a confiance en lui et en ses capacités. Il va donc prendre confiance à son tour, se sentira plus fort et aura envie de d’aller toujours plus loin.
Même si il n’y arrive pas du premier coup, à nous, adultes, de l’encourager et de le soutenir en lui expliquant qu’il arrivera à force d’essayer par exemple.

Bien sûr, pour chaque enfant, il y aura des différences. Les situations seront différentes. C’est à nous, parents, d’être à l’écoute et d’observer l’enfant pour saisir ces « besoins », ou comprendre quand il est temps de passer à autre chose.

SORTIR DES CONDITIONNEMENTS

Il faut également essayer de sortir des conditionnements tel que « à ton âge tu devrai faire ça » ou « t’as passé l’âge de faire ceci ». C’est vraiment quelque chose de dévalorisant pour l’enfant.

Alors c’est vrai qu’il y a des étapes qui doivent être passées avant un certain âge sinon c’est qu’il y a un problème. Par exemple, la marche avant 2 ans, être propre avant 4-5 ans (c’est le médecin qui me l’a dit l’autre jour). Quand je vois que tout le monde stresse parce qu’à 28 mois ma fille n’était pas propre. Ce n’est pas pour autant qu’elle est feignante (si, on me l’a dit). Mais elle parle super bien pour son âge… Il faut arrêter. Penser qu’un enfant est feignant, bête ou a un problème parce qu’il fait un truc un peu plus tard que les autres me semble carrément déplacé et même dépassé.

Chaque enfant avance à son rythme. Passe étape par étape et lui mettre la pression si jeune, je vois pas l’intérêt. En plus, ça ne le fait pas avancer plus vite, voir même ça le ralentit.
Les enfants grandissent tellement vite, pourquoi vouloir qu’ils grandissent encore plus vite? Personnellement, je préfère apprécier chaque moment avec ma fille et savourer chaque nouvelle étape sans attendre quoi que ce soit.

Sortir des conditionnements

Sortir des conditionnements

Aussi, il faut expliquer simplement les choses aux enfants. Je suis encore sidérée comme ils comprennent tout de suite. Souvent on s’imagine qu’ils ne peuvent pas comprendre, et pourtant. Ils comprennent énormément de choses. C’est dingue le temps que je gagne à expliquer à ma fille simplement et rapidement les choses.
Quand elle est avec un autre adulte, il se retrouve toujours à un moment donné face à une situation compliquée. Je lui dis « explique lui ça ira mieux ». Ça fonctionne à coup sûr.

QUAND LES PARENTS SONT LES IDIOTS

Quelques fois, les enfants ont cette capacité de nous faire sentir idiot. A chaque fois ça m’amuse beaucoup. Je suis tellement surprise que je ne sais même pas quoi répondre. Il faut avouer que ça a le mérite de remettre les choses à leur place.

Par exemple, l’autre jour, ma fille me réclame un gâteau 1/2 heure avant le repas. On négocie un moment. Je finis par lui donner une galette de riz en insistant sur le fait qu’il faudra qu’elle mange correctement à table. Elle prend sa galette et part tranquillement s’installer à table… logique, je lui avais demandé de manger à table. Que dire, à part qu’il me faut encore de l’entraînement pour m’exprimer?
Pareil pour la propreté. Il m’a fallut quelques jours pour comprendre qu’à chaque fois qu’on discutait de propreté, elle courait à la salle de bain en réclamant le bain. Elle pensait être sale. Les adultes pensaient à ne plus mettre de couches.
Pas toujours facile de se comprendre.

Quand les parents sont les idiots

Quand les parents sont les idiots

Ce qui est important, c’est de rester à l’affût des comportements de l’enfant et continuellement essayer de le comprendre. Je dis continuellement car ils changent et évoluent tellement vite qu’il est difficile de suivre la cadence. C’est presque un sport. Mais cela facilite tellement la vie.

Même si l’on fait des erreurs de compréhension, de « jugement », ce n’est pas grave. Le tout c’est de s’en apercevoir pour corriger. Il est même possible d’en discuter avec l’enfant. Pour la propreté par exemple, j’en ai reparlé avec ma fille. Je lui ai expliqué de quoi on parlait réellement et que nous n’avions pas su lui expliquer correctement. Je ne sais pas si ça a un rapport, mais en tous cas elle est devenue propre dans les jours qui ont suivis.

Tout ça pour dire qu’un enfant ne peux pas être idiot. Il est simple, nature, il ne se prend pas la tête. Si il a « l’espace » ( pas en terme de place, mais mental) nécessaire pour s’épanouir, il ne peut être que intelligent puisqu’il pourra développer cette intelligence.
Pour conclure, je vous invite à regarder cette vidéo de Ken Robinson sur l’intelligence des enfants: changer l’éducation.

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A propos de Jennifer

Je propose des outils nécessaires à la compréhension du fonctionnement d'un enfant permettant ainsi de mieux répondre à ses besoins tout en vous permettant de devenir le parent que vous rêvez d'être.

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