Comment faire exploser sa famille

Comment faire exploser sa famille en vacances

Ceux qui sont abonnés à la newsletter du blog (d’ailleurs si ce n’est pas ton cas, tu peux toujours le faire par ici), savent déjà que mon voyage d’1 mois en Thaïlande ne s’est pas vraiment bien passé… Ils ne savent pas encore que ma famille a failli voler en éclats.

Mais justement, j’y ai appris énormément de choses, notamment sur la bienveillance.

Je me suis pris une grande claque, bien placée et avec une main plus grande que ma tronche…

Il semblerait que tout ce que je voulais  éviter de faire vivre à ma fille en pratiquant la non-violence, la positivité, la bienveillance, etc., a été concentré dans ce mois.
Pourtant, ce devait un être un mois magnifique…

La preuve que parfois, même avec la meilleure volonté du monde, on est dépassé par les évènements et notre histoire nous rattrape. Les circonstances nous dépassent.

Je suis consternée par ce que ma fille a vécu, par les attitudes, les mots que nous avons eu.
Mais je dois vous le partager car cela peut arriver à tout le monde, n’importe quand, et cela fait aussi parfois partie du chemin d’une éducation bienveillante et positive. Si l’on n’est pas suffisamment prudent, on peut faire exploser sa famille.
Je ne vais donc pas me torturer pour ça, je vais plutôt en tirer les leçons. Ce sont ces leçons que je vais vous partager.
Comme le dit le titre du livre d’Isabelle Filliozat « il n’y a pas de parents parfaits ».

Mais avant tout, je vais vous planter le décors, histoire de bien comprendre comment tout à dérapé.

On croit partir au paradis

Départ pour le paradis
Départ pour le paradis

Donc nous voici partis début mai pour la Thaïlande.
Nous, c’est à dire: moi, mon homme, ma fille de 3 ans, mon petit frère de 15 ans et ma belle-mère.
Nous partons rejoindre mon beau-frère qui va se marier dans le nord.

Tout le monde nous a prévenu, la Thaïlande c’est super, les gens sont merveilleux avec les enfants, on mange très bien, c’est beau mais il fait chaud.
Super, on va s’éclater.

Sauf que ce n’était pas ce à quoi on s’attendait.

La nature n’était pas si luxuriante qu’on croyait (peu de fleurs) et très polluée, la nourriture peu variée, très sucrée et très chimique. Nous avons rencontré un peuple très croyant et en même temps très peu spirituel, beaucoup de tape à l’œil. Un peuple qui se laisse « porter » et qui est en admiration devant l’occident, etc.

Et nous avons découvert un peuple qui ne stimule pas ses enfants, qui les laissent devant un téléphone portable à regarder des vidéos, qui ne les allaite pas plus de 4 mois en moyenne (les fabricants de lait maternel font bien leur travail là-bas…) et qui, à 7 mois, donne des chips et refuse de donner des fruits, qui leurs donne des médicaments à tout va sans se poser de questions, etc.
Bref, nous avons été très surpris.
Et déçu.
Peut-être que c’est parce qu’on nous a trop répété que c’était vraiment top là-bas? Comme quand 10 personnes nous dit qu’il faut aller voir tel film parce qu’il est génial. On s’attend à ce que ce soit tellement bien qu’au final on est déçu? Je ne sais pas. Mais le résultat est là.

Du coup, difficile de se sentir bien.

Quand tout dérape

A la limite, être déçu, ce n’est pas grave, ça arrive et on cherche les côtés positifs.
Mais nous avons très mal géré.
Et une des raisons qui nous a fait dérapé, c’est la chaleur (pas de clim les 15 premiers jours…).

Je n’aurai jamais imaginé que la chaleur puisse autant taper sur le système.
Du coup la petite avait de la fièvre de temps en temps, le petit frère aussi, ce qui n’aidait pas. Ça nous faisait à chaque fois stresser, car on ne sais jamais d’où provient cette fièvre et aller voir un médecin à l’autre bout du monde fait peur.
On était donc stressés. J’ai aussi oublié de me répéter les phrases positives qui marchent si bien d’habitude…

Mais ce qui nous a achevé, c’est que ayant perdu tous nos repères, nous avons replongé à fond dans nos vieilles habitudes éducatives, comme si on avait tout oublié au moment de poser le pied à l’étranger.
Et il faut dire ce qui est, c’est ce qui a fait que nous avons vécu un véritable enfer.
Très efficace pour faire exploser sa famille.

Elle ne voulait même plus marcher
Elle ne voulait même plus marcher

Par exemple, nous avons commencé à lui parler à la négative: ne fais pas si, ne va pas là, etc.
Puis à être autoritaires: fais-ci, dis ça, etc. Je n’ai pas du tout suivi le guide du bien parlé parental.
Du coup, nous lui avons enlevé le peu d’autonomie qu’elle pouvait avoir à l’autre bout du monde.
Bien sûr, très rapidement, nous avons fait face à de nouveaux comportements de notre petite fille: cris, coups, colères, refus systématiques de coopérer, etc. Comportements que nous avions peu vu jusqu’ici.

Comme nous ne savions plus comment réagir (ben oui, on était amnésique…), on a tenté le chantage, les menaces, à la juger (t’es pénibles…) etc. On n’est pas allé jusqu’aux punitions mais on aurait pu…

C’était de pire en pire.
En quelques jours, on a basculé dans le côté obscur (rire jaune).
Et la petite est devenue infernale. Impossible d’être au calme plus d’un quart d’heure. L’horreur.
Elle est devenue extrêmement demandeuse d’attention et ne voulait plus rien faire seule. Elle nous tapait tout le temps.

Mais ce sort n’était pas réservé qu’à elle.
Le petit frère ado aussi en a prit pour son grade. Il ne faisait jamais rien de bien.
Et puis entre nous aussi on s’est bien mal traités. On s’est jugés, culpabilisés, justifiés et engueulés, beaucoup engueulés. On a même été jusqu’à parler de séparation… (ben oui, je vous l’ai dit: exploser sa famille).

Nous avons donc entretenu une mauvaise ambiance qui ne risquait pas ne nous faire apprécier plus notre voyage.

Comment on en est arrivé là?

Comme je disais plus haut, il y a eu plusieurs facteurs. Mais aucun ne justifie une telle attitude.
J’y ai beaucoup réfléchi et discuté avec mon homme. Et je me suis informée.

Comme je disais au début, nous ne sommes pas parfait et nous ne cherchons pas à l’être d’ailleurs.
Mais on essaie de s’améliorer, toujours.

Et parfois, nos vieilles histoires nous rattrapent, nous rappelant que malgré tous nos efforts, nous avons nos faiblesses. Ces faiblesses nous ont sauté à la figure.

A notre arrivée, nous avons été habiter chez l’habitant pendant 15 jours (dans le future belle-famille).
Nous avons voulu donner une « bonne image » de nous bien sûr et respecter au maximum les personnes qui nous accueillaient.
Et je ne sais pas pourquoi, nous avons jugé que pour cela, notre fille devait être « sage », elle ne devait pas crier, pas courir, être très polie, etc. Le petit frère idem.
Vous avez compris le résultat: on a eu tout le contraire.

Sans parlé bien sûr des réflexions de la famille… qui n’aidaient en rien, bien au contraire car cela nous mettait encore plus la pression.

Bref, nous sommes entrés dans un véritable cercle vicieux.

Un peu de liberté...
Un peu de liberté…

Nous même n’arrivions pas à nous recentrer car nous avions beaucoup de mal à gérer la chaleur et le stress. Stress que nous transmettions à tout le monde, etc.

Pour ne pas aider, les Thaïlandais adoraient notre fille. Ils essayaient donc de la toucher tout le temps. Comme elle est plutôt sauvage, ça la faisait hurler. Même lorsqu’ils lui faisaient un cadeau. On ne savait pas comment réagir…
Ils l’ont pris en photo sous toutes les coutures. Nous avons compté une moyenne de 300 photos… tellement, que le jour ne notre départ, à l’aéroport, des gens l’ont reconnu (vive les réseaux sociaux…).
C’était gênant pour nous mais surtout pour elle car elle n’a pas du tout apprécié.

Un jour, mon petit frère m’a dit qu’il se sentait coincé. En en discutant avec mes compagnons de voyages, ils ont utilisé les termes bloqué, en prison.
Nous nous sommes tous sentis privés de liberté, ne sachant plus apprécier les bons moments puisque ne nous laissant pas le droit d’être nous même (et encore moins les enfants…).

Peut-être est-ce aussi l’effet de groupe?
Je ne sais pas. Mais ça a dû jouer c’est certain, quand on connait le pouvoir des neurones miroirs…

Mais le résultat est là.

Mais tout ce qui ne tue pas rend plus fort…

On se donnait moins d'amour
On se donnait moins d’amour

Heureusement, on a dépassé tout ça.
On n’est pas obligé d’exploser sa famille pour ça 🙂
Dès que nous sommes revenu à la maison, tout est redevenu comme avant.
Même encore mieux qu’avant.

Ce fût une expérience difficile, mais très intéressante.
Notre fille a énormément évolué bien sûr et mon petit frère aussi.
Mais ça, nous l’avons vu une fois retrouvé nos repères habituels, nos rythmes et surtout, notre liberté.

De nouveau notre fille chante, cri, rigole et danse tout le temps.
Le petit frère se met à participer aux tâches du quotidien (enfin…) et à être plus attentionné envers les autres. Il a beaucoup changé en 1 mois. Il est très agréable à vivre. Ça reste un ado avec ses sautes d’humeurs bien sûr, mais ça va mieux.

Donc sur le chemin de la bienveillance, et bien on peut trébucher.
On peut aussi se relever et en tirer les leçons.
C’est bien le principe d’une éducation en adéquation avec le fonctionnement de l’humain, non?

Mais ce qui est sûr, c’est qu’on a vraiment besoin de s’éduquer en tant que parent avant d’y arriver avec nos enfants.

Dans cette histoire, je m’aperçois vraiment que c’est ma fille qui a le mieux géré finalement. Elle a juste réagit à des situations de stress non justifiées pour elle (et pour nous non plus d’ailleurs). Et elle a eu raison.
Elle nous a rappelé à l’ordre à chaque fois sans qu’on ne l’entende. Dommage pour nous.

Vous aussi avez-vous eu des dérapages éducatifs? Racontez-moi ça en commentaires, je me sentirai moins seule…
Sinon, vous pouvez carrément venir écrire un article, même si vous n’êtes pas blogueur. Vous pouvez en savoir plus par ici: contribuez.

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4 commentaires sur “Comment faire exploser sa famille en vacances”

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